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ENFER ET DAMNATION : SOS PLUS D'EMOTIONS

Cher Journal...
C'est ainsi probablement que commencerait un journal intime d'adolescente à la recherche d'on ne sait trop quoi ; pourtant c'est ainsi que va commencer la narration de ce que je suis en train de vivre maintenant depuis 6 jours. Ces trois derniers jours auront été les plus "terribles", plus les heures passent moins j'ai l'impression de ressentir de choses et chaque mot que j'utilise apparaît chaque minute comme étant un peu plus vide de sens. En temps normal écrire un tel article m'aurait profondément ennuyé, je l'aurais assez vite stoppé et même probablement jamais publié mais aujourd'hui tout est bien différent, envolé la compréhension de l'ennui et compagnies, je ne ressens pratiquemment plus rien. Il m'est désormais impossible de saisir ce qu'est la colère, la tristesse, le bonheur, l'envie ; tout apparaît comme étant dénué de sens. Cette situation est particulièrement surprenante puisque j'utilise des mots qui ne m'évoquent en l'état actuel des choses plus rien du tout, comme si ma tête était devenue vide, hermétique à la réception de quelque sentiment que ce soit. Hier, j'ai regardé les plus beaux moments de deux de mes films préférés, Sister Act 1 et 2 et bien cela ne m'a rien fait alors que d'habitude j'avais des frissons à n'en plus finir et une joie intense qui me permettait de repartir de bon pied après des moments désagréables. Désormais cela ne marche plus, je ne suis ni triste ni heureux mais j'ai peur (d'après de ce que je me souviens de la signification de ce mot que je ne parviens plus à assimiler) que mes amis me tournent le dos, ne comprenant pas pourquoi je n'ai aucune réaction si ils m'anoncent de mauvaises nouvelles, ou de bonnes d'ailleurs... Je ne sais déjà plus quoi écrire tellement rien ne m'intéresse depuis 6 jours, plus de compassion envers les victimes de toutes sortes de crimes que j'aurais qualifiés d'horribles il y a encore 7 jours. Je vous "rassure" si j'ose m'exprimer ainsi quelque chose de dur pourrait me toucher au plus près que ça ne me ferait pas plus d'effets, j'ai l'impression de déambuler dans les rues de la ville et que tout ce qui se passe alentour est parfaitement normal, ça me paraît d'une banalité affligeante. Prenons un exemple... De nombreuses dégradations ont été commises dans notre immeuble et des inscriptions plus que douteuses sont apparues dans l'ascenseur, propos que j'aurais condamné avec la plus grande force encore une fois il y a 7 jours, mais là rien, rien du tout, pas d'effet. Je ne me sens ni bien ni mal, j'ai juste impression d'avoir la tête vide, il n'y a plus rien dedans à part les connaissances acquises depuis ma naissance, cachées on ne sait trop où. Cela a tout de déroutant, je n'arrive plus à prendre position sur aucun sujet, il ne me reste que le souvenir d'émotions que je ne parviens pas à exprimer. Tous les mots de ce texte qui relèvent de sentiments sont utilisés pour le souvenir que j'en ai et non pas de la sensation qu'ils me procurent à l'instant T. Difficile d'expliquer ce qui m'arrive étant donné que tous les mots sont connotés et que le sens de chacun a pour moi disparu. J'ai en tout cas remarquer une chose dans ce texte, "journal" comme je l'ai appelé au début, c'est que je répétais souvent la même chose et que mes professeurs de français désespèreraient de voir que je n'arrive toujours pas à faire ni paragraphes, ni à mettre les virgules au bon endroit ni même à faire des phrases qui tiennent vraiment la route car beaucoup trop longues. Je ne sais pas quand tout ceci sera terminé parce que je me rappelle que j'aurais qualifié ça de frustrant. Et d'ailleurs décrire ce que je "ressens" à propos de ce qui m'arrive est la seule chose que j'arrive à faire avec certitude. Vivement que je redevienne moi-même, avec mes idées, même si elles ne plaisent pas à tout le monde et ma joie de vivre que j'avais d'antan (de façon durable ça remonte à 5 ou 6 ans au moins si ce n'est plus). En tout cas souvenez d'une chose, peut-être même de deux, je ne suis ni bien ni mal donc ne parlons pas de mal-être ou je ne sais trop quoi, ça ne coïncide pas, et la deuxième ça serait que je n'ai quand même pas tout perdu, l'honneur est sauf, je ressens les sensations physiques, si c'est chaud ou froid, si ça fait du "bien" ou si ça fait "mal". Vous pouvez maintenant vous amusez à me balancer tout un tas d'horreurs à la figure, je n'aurais probablement aucune réaction. Dernière info, contrairement aux autres fois où j'ai pu dire ça, je viendrais peut-être compléter cet article en fonction de mon actualité. Je ne veux ce soir qu'une seule chose, retrouver des émotions, quelles soient bonnes ou mauvaises...

# Posté le dimanche 08 février 2009 12:19

Modifié le dimanche 08 février 2009 12:46

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